LES RISQUES DE LA RANDO

Sans trop vouloir être un cours médical, ce chapitre va nous permettre d'approcher les pathologies les plus fréquentes et les risques que peuvent rencontrer les randonneurs ou trekkeurs. Nous traitrons les problèmes généraux et non pas les risques propres à chaque pays ou contrées ainsi que les risques infectieux trop complexes. Dans un second chapitre, une ckek-list du contenu minimum de votre pharmacie de voyage à adapter aux lieux et à la durée de celui-ci.

Quels sont les risques et blessures auxquels vous pourriez être confronté dans la pratique du trek ou de la randonnée et comment y remédier avant l'éventuelle intervention d'un service spécialisé !

A ) LES URGENCES SECONDAIRES , Pathologies les plus fréquentes, vous pouvez y remédier seul facilement .

ENTORSE :

L'entorse peut aller d'une simple lésion des ligaments dans les cas les plus bénins à la rupture. La douleur est vive et brûlante lorsque le ligament est sollicité . En cas de " claquage " la douleur est localisée à l'endroit du traumatisme même si l'articulation n'est pas sollicitée ou en charge. Dans tous les cas, il faudra dans un premier temps appliquer de l'eau froide pour diminuer la douleur, eau courante, cool pack, glace, neige, ... plus une immobilisation de l'articulation. L'activité ne pourra être maintenue et un diagnostique médical sera nécessaire. Les cas de rupture devront être traités chirurgicalement. Pour éviter ce désagrément, un bon entrainement et un échauffement correct sont préconisés.

FOULURE :

Il s'agit du cas le plus bénin de l'Entorse. Il y a juste une élongation des ligaments souvent due à un mauvais mouvement, ( torsion de la cheville )! La douleur est plus ou moins forte à chaque pas. Vous pouvez continuer l'étape mais prévoyez une zone de repos dans l'exercise ( 1 jour ou 2 ), appliquez du froid sur l'articulation, eau courante, cool-pack, glace, neige, .... massez l'articulation à l'aide d'une pommade contre les petits traumatismes et hématomes comme le Nifluril ou l'Arnica, réalisez un bandage de soutien. Vous devriez éviter ce type de lésion en vous chaussant correctement et en évitant tout abus physique !!!

CRAMPES :

Pas dangereuse en soi, la crampe est assez douloureuse. Contrations involontaires persistantes d'un ou plusieurs muscles. Les causes sont un manque d'hydratation, effort trop important par rapport à l'état physique du moment ou par rapport à l'entrainement, fatigue, froid... Pour éviter ces crampes, une bonne hydratation et de bons étirements des muscles après l'effort devraient limiter voir ne pas provoquer ce désagrément. En cas de crampe du mollet, ce qui est le plus fréquent chez le randonneur, demandez à une tiers personne d'étirer votre muscle : jambe tendue ramenez l'avant du pied vers le genou.

La contracture prolongée et la rupture musculaire sont des pathologies rares chez le randonneur mais un peu plus fréquente chez le grimpeur. Pour une contracture prolongée, il y a lieu d'appliquer de la chaleur. Pour le claquage musculaire la douleur est très vive et l'impotence est immédiate. Appliquez rapidement une source froide sur le muscle, ne pas bouger le membre et ne pas le masser. Procédez à une évacuation vers un centre hospitalier, l'activité devra être suspendue pour une longue période.

TENDINITES :

Inflammation du tendon ou irritation par frottement due à un effort trop long, à une mauvaise préparation, à un terrain difficile, mouvement inhabituel et prolongé ou climat humide... La douleur est plus ou moins vive et se manifeste pendant le mouvement ou au cours de l'une de ces phases précises. La douleur s'atténue au repos. Il n'y a pas d'urgence, vous pouvez continuer votre randonnée mais en cas de pratique prolongée sur une tendinite elle ne sera que plus douloureuse et plus longue à soigner par la suite. Le traitement doit être médical et le repos de l'articulation est prescrit. Tout comme pour la foulure, l'application d'une crème pour combattre les hématomes ou une pommade antibiotique et l'application de froid aideront à limiter l'inflammation du tendon. Evitez toute forme d'abus pendant vos activités sportives devrait limiter les risques de tendinites.

La rupture du tendon est rare mais peut arriver, vive douleur comme un coup de fouet accompagnée d'un claquement, la douleur s'atténue rapidement et l'impotence est brutale. Traitement chirurgical.

AMPOULES :

Probablement la blessure la plus fréquente du randonneur. L'ampoule est l'une des phases de la brûlure. Elle est due à un frottement. Pour l'éviter, un bon entrainement continu pour augmenter l'épaisseur de la corne du pied et l'utilisation d'Elastoplast ( bandage de maintien élastique et autocollant )de manière préventive sur les zones à risque ( orteils, l'avant de la plante du pied, le tendon d'Achille ... ) est conseillée.

Au niveau des pieds, l'Elastoplast sera votre compagnon de route contre les ampoules. A tous les endroits d'échauffement ou de sensation de brûlure, placez un morceau plus ou moins grand d'Elastoplast sur une peau propre. Si l'ampoule est déjà présente, on aura recours à une petite seringue sous-cutanée ( en aucun cas il ne faut arracher la peau ). Percez l'ampoule et à l'aide de la seringue, videz son contenu. Par la suite vous injecterez une petite quantité d'Iso-Betadine, cela pique un peu mais votre cloque sèchera en moins de 24h00. Placez en fonction de la gravité un Compeed et par dessus un morceau d'Elastoplast. Si la peau est arrachée, désinfectez directement à l'Iso-Bètadine et placez également un Compeed maintenu à l'aide d'Elastoplast.

Une bonne prévention, de bonnes chaussures adaptées, des chaussettes correctes, et un entrainement adéquat devraient vous protéger des ampoules !

PETITE BLESSURE :

Les petites coupures ou écorchures sont fréquentes. Il est impératif d'être vacciné contre le Tétanos. Rincez à l'eau la blessure ou nettoyez à l'aide de compresses la zone ( retirez la terre ou les petits cailloux ). Désinfectez avec une solution antiseptique comme l'Iso Betadine ou un autre agent incolore de type chlorexidrine. Evitez l'alcool, proscrire le Mercurochrome et l'ouate.... Couvrir d'une compresse stérile maintenue par un sparadrap 1 jour ou 2 en fonction de l'étendue ou de la gravité de la blessure.

Si vous n'évoluez pas dans un environnement souillé, il est conseillé de laisser les petites blessures à l'air, elles se cicatriseront plus rapidement.

COUPURE :

Les coupures en randonnée sont souvent bénines, le plus souvent elles sont dues à une malencontreuse chute.

La coupure sera traitée de la même manière que la petite blessure, nettoyage de la plaie, désinfection. En cas de saignement, appliquer un pansement compressif et tenir fermement ce pansement au moins 10 minutes. En fonction de la profondeur et de l'étendue, vous devrez peut-être utiliser des Stéristrips pour refermer la plaie, ( petite bande de suture autocollante qui a pour but de tenir et de refermer la peau ). Dans les cas un peu plus graves, quelques points de suture pourraient être nécessaires. Lors d'expéditions, il est important qu' au moins une personne du groupe sache réaliser ces points et dispose d'un kit de suture. Les centres de santé sont parfois à plusieurs jours de marche et une plaie doit être recousue dans les 6h00 ! Dans les cas graves et en cas de nécessité d'un grand nombre de points de suture, une anesthésie locale sera réalisée à l'aide de Xylocaine 2% que l'on injectera directement à l'aide d'une seringue en sous cutané autour de la plaie. La Xylocaine existe également sous forme de spray. Son action atténue un peu la douleur ! Attention, ces manipulations sont des actes médicaux. Ils ne peuvent être réalisés que par des personnes compétentes ou s'il n'y a vraiment aucune autre possibilité à court terme, exemple : en pleine montagne du Népal.

PIQURE D'INSECTE :

Inquiétez-vous d'abord de la nature de l'insecte. Entre une piqure de Scorpion ou de moustique, la gravité et la douleur seront différentes. En second lieu, inquiètez-vous des éventuelles allergies auxquelles le sujet est sensible . Les bêtes les moins dangereuses qui piquent et que l'on rencontre souvent en trek ou en randonnée sont : le moustique, la tique, la puce, la fourmi. Les plus dangereuses : la guêpe, l'abeille, le serpent. Plus rares et dangereux : les scorpions.

En fonction de la gravité qui est régie par l'endroit de la piqûre, le nombre de piqûres, la nature du venin, les allergies ... on soignera dans les cas les plus bénins par application d'une crème analgésique et un peu de patience. Pour les cas plus graves de piqûres contenant un venin puissant comme celui des serpents ou scorpions, il y aura lieu de réaliser un bandage légèrement compressif en amont de la piqûre afin d'éviter que le venin ne se répande trop vite dans l'organisme. Evacuez vers un centre médical dans les plus brefs délais. Dans l'impossibilité d'évacuation, injectez le sérum anti-venin adéquat. Pour ce, il faut bien connaitre l'endroit où vous vous rendez et les " bébétes " que vous risquez de rencontrer. Dans les cas de piqûres multiples, ( guêpes, abeilles, serpents, scorpions ) il faudra évacuer d'urgence et considérer la victime comme un cas grave. En attendant les secours, surveillez et maintenez les fonctions vitales de la personne et son état de conscience. En aucun cas il ne faut : couper, cisailler, masser, faire un garot ou sucer la plaie .....

Pour éviter les piqûres ou morsures, promenez-vous avec des chaussures de randonnée et non pas des sandales, portez des pantalons longs, vérifiez votre sac de couchage et l'intérieur de la tente chaque soir avant de vous coucher. Pour éloigner les insectes, il existe des crèmes et spray répulsifs à base de D.T.T., des bougies, des essences de citronnelle et des moustiquaires.... En haute montagne, les insectes sont rares !!!

voir le site de la socièté Tropenzorg qui réalise des kits d'urgence, des moustiquaires, des lotions répulsives...

ONGLE NOIR :

L'ongle noir n'est pas dangereux en lui même, mais il est très douloureux. Pour le randonneur, il sera causé par un coup sur l'avant du pied ( coup de pied dans un gros caillou ) par une forte pression continue ( longue descente ou l'avant du pied s'écrase sur le devant de la chaussure ) ou par une multitude de petits chocs ( l'avant du pied tape dans les cailloux et le pied vient s'écraser à répétition contre l'avant de la chaussure ). Les ongles noirs apparaissent généralement au cours de longues descentes en montagne, des chaussures trop grandes, la fatigue ou des ongles trop longs aident à l'apparition de ce micro traumatisme qui est simplement un saignement sous l'ongle. L'ongle noir reste malheureusement un incident fréquent du grand randonneur.

Pour le soigner, il n'y a pas beaucoup de remèdes si ce n'est la patience, 2 jours seront nécessaires pour calmer la douleur et il faut compter 6 mois pour que l'ongle tombe et un minimum de 9 mois pour en avoir un neuf. Vous pouvez percer l'ongle à l'aide d'une aiguille chauffée à la flamme, en libérant la poche de sang qui se forme sous l'ongle, la douleur devrait s'atténuer plus rapidement.

COUP DE CHALEUR :

Le coup de chaleur et l'insolation peuvent être grave, ils sont dus généralement à une hausse de la température à l'intérieur de la boite cranienne. En régle générale, notre corps régule une température constante dans notre organisme en privilégiant la tête. Si cette dernière est exposée de manière prolongée au soleil et que l'organisme ne peut plus réguler la température, il y a : coup de chaleur. Cela peut également être provoqué par une activité physique trop intense dans des conditions climatiques trop chaudes ou par un manque d'hydratation. L'eau aide à la régulation de la température du corps. En cas d'insolation, la personne présente des maux de tête, peut être rouge au visage, pertes des capacités physiques, troubles... cela peut aller jusqu'à la perte de connaissance. Placez la personne à l'ombre, au calme et si possible au frais. Placez un peu d'eau froide sur la tête à l'aide d'un linge, s'assurer que la personne s'est hydratée correctement, prendre du repos. Si le cas s'agrave ou qu'il y a perte de connaissance, évacuez la personne vers un centre médical.

Le mieux pour éviter le coup de chaleur.... boire beaucoup d'eau en activité et se couvrir la tête quand le soleil tape. En haute montagne, même si l'on ne ressent pas de chaleur, le soleil frappe la boite cranienne et par une température fraiche on peut également avoir une insolation.

 

LES URGENCES PRIMAIRES , Pathologies plus rares et plus spécifiques, réalisez vos premiers soins avant l'intervention d'un centre médical .

De manière générale si vous envisagez une expédition ou un long trek en famille dans une région isolée, nous ne pouvons que vous conseiller de suivre un cours de secourisme à la croix rouge qui vous enseignera ( théorie et pratique ) tous les gestes indispensables aux 1ers secours.

Les règles générales d'intervention sur victimes ( vous ou une autre ) sont les suivantes :

Primo, assurez-vous que le danger qui a causé l'incident est écarté, si besoin remédiez à cette cause.

2 - Evitez de vous mettre vous même en sur-danger ou d'exposer inutilement d'autres personnes, une victime suffit il ne sert à rien d'en avoir d'autres.

3 - réalisez un premier bilan qui consiste à vérifier l'état de conscience et des fonctions vitales ( respiration et circuit sanguin ) , faites appeler les secours ou personne compétente en soins médicaux en cas d'expédition.

Rassurez-vous, ce qui suit est très rare en randonnée voir inexistant, mais pour qui part en expédition avec un groupe, un minimum est à connaitre le cas où !!!

HEMORRAGIE :

Si vous constatez une hémorragie, elle peut être de deux types : saignement abondant et saccadé il s'agit d'une artère, saignement continu il s'agit d'une veine.

Le saignement d'une artère peut survenir bien après l'accident. Dans un premier temps, l'organisme va de manière naturelle contracter de lui même l'artère. Par la suite sous la pression sanguine, l'artère peut se relacher, il y a urgence et vous devez rapidement stopper ce saignement. Réalisez une compression directe et forte à l'aide d'un pansement compressif ou d'un linge propre, maintenez sans relacher au moins 10 minutes. S'il y a une fracture, évitez la compression directe, effectuez une compression sur l'artère en amont du saignement.

Le saignement d'une veine est tout aussi important qu'une artère car la veine n'a pas la possibilité de se contracter naturellement, effectuez également une compression direct. En aucun cas il ne faut réaliser de garrot qui pourrait par la suite être la cause de la perte du membre.

FRACTURE :

Si vous constatez la fracture d'un membre, évitez toute manipulation intempestive et immobilisez le membre en attendant l'intervention d'un spécialiste. Pour les fractures ouvertes, il est conseillé de couvrir délicatement la plaie à l'aide de compresses et d'un linge propre, immobilisez également le membre.

M.A.M ( ou Mal Aigu des Montagnes ) :

Pathologie la plus fréquente de ceux qui évoluent en altitude. Le mal aigu des montagnes peut avoir différents niveaux de gravité

Symptômes du MAM : ce que vous devez savoir sur le MAM c'est surtout comment le repérer et comment y remédier, mais avant toute chose... comment l'éviter ! Chaque individu réagit au manque d'oxygène de manière plus ou moins forte. On ne peut dire qui en sera victime et à quelle altitude. Le MAM peut survenir à partir de 2500 mètres et être mortel ! Pour mettre toutes les chances de son côté, il vaut mieux tenter de s'acclimater correctement.

La première règle est de monter de manière progressive. Passez votre nuit à +- 400 mètres de dénivelé positif par rapport à la nuit précédente. Aménagez des zones de repos au-delà de 3000 mètres. Seul l'assaut sommital peut faire prendre plus de 1000 mètres de dénivelé puisque vous retournerez dormir à une altitude inférieure. Hydratez-vous correctement. Des nuits complètes seront conseillées ainsi qu'une bonne nutrition. Cela fait partie des aides à l'acclimatation.

Les premiers signes d'un MAM sont dans les cas bénins... maux de tête, fatigue, étourdissement, insomnie, manque d'appétit et l'assoupissement. L'accélération du coeur et du rythme respiratoire ne sont pas un MAM mais une adaptation de notre organisme à la raréfaction d'oxygène vers les muscles et le cerveau.

Le mal aigu peut survenir brusquement et être fatal si l'on ne le traite pas immédiatement. Les symptômes sont : manque de souffle au repos, toux sèche, crachat avec du sang, forts maux de tête, troubles de la coordination des mouvements et de l'équilibre, rétention d'eau dans les extrémités du corps, saignement du nez . Le stade très avancé sera l'évanouissement, le vomissement et l'oedème qui peut être faciale, cérébrale ou pulmonaire...

Dans les cas bénins le Paracétamol et un peu de repos, 1 jour ou 2 à une altitude inférieure où le mal s'est déclaré seront suffisants. Pour les cas aigus, il est impératif de commencer à redescendre immédiatement. Si vous ne présentez pas d'allergie aux sulfamidés, le Diamox Sustet ( sur ordonnance ) peut vous aider à réduire le MAM. Si vous vous trouvez à moins d'une journée ( redescendez, passez une nuit plus bas, le temps que le Diamox fasse effet ), ou redescendez calmement vers la vallée. Ce médicament qui contribue à augmenter votre nombre de globules rouges au détriment du liquide sanguin ne doit pas être employé pour continuer la montée ou éviter de redescendre. Il pourrait masquer un MAM plus grave qui se transformerait en un stade extrême d'oedème. Il peut toutefois être pris de manière préventive vers 4000 mètres. Consultez votre médecin à ce sujet . Les cas avancés devront impérativement être traités dans l'heure dans un caisson hyperbare et une évacuation vers un centre hospitalier sera nécessaire.

GELURE :

Les gelures dans un premier temps devront être traitées dans des bains d'eau + iso betadine légèrement tièdes, couvrez d'un bandage stérile entre les bains. Par la suite, ce sera du recours d'un centre spécialisé. Le mieux est d'éviter ces gelures qui attaquent souvent les extrémités du corps. Couvrez ( plusieurs couches sans comprimer ) et surveillez correctement vos orteils et mains lors d'expéditions par grand froid, massez régulièrement vos extrémités pour activer la circulation.

HYPOTHERMIE :

L'hypothermie a lieu lorsque le corps perd de la chaleur plus vite qu'il n'en produit. Le passage d'une sensation de grand froid à un état dangereusement froid est étonnamment rapide quand, vent, vêtements humides, fatigue et faim se combinent.

Symptôme : fatigue, engourdissement des extrémités, grelottements, élocution bredouillante, comportement incohérent ou violent, léthargie, démarche trébuchante, vertiges, crampes musculaires et explosions soudaines d'énergie. La personne atteinte d'hypothermie peut déraisonner au point de prétendre qu'elle a chaud et se dévêtir.

Lorsqu'un individu est exposé au froid, sa température centrale tombe assez rapidement à 35°. Au-dessous de cette température, les tremblements et la vasoconstriction, qui sont des réactions normales de réchauffement, ne se produisent plus. Le patient devient incapable de bouger. Vers 32 °, le tremblement est remplacé par une rigidité musculaire intense. La circulation se ralentit fortement. Au dessous de 28°, l'hypothermie est dite profonde et caractérisée par un coma. Ces malades sont en état de mort apparente. Comme leurs besoins en oxygène sont grandement réduits, le système nerveux central et les autres organes sont protégés pendant des périodes prolongées malgré une circulation médiocre. La réanimation s'impose jusqu'à ce que la température soit redevenue normale. Pour le traitement, il consiste à réchauffer la personne, mais ce réchauffement doit être progressif. Protèger la victime du vent, de la pluie. Pensez à enlever les vêtements mouillés et habillez-le chaudement. Donnez-lui une boisson chaude. Pour les cas plus graves couchez-le dans un sac de couchage... ne pas frictionner ni placer près d'un feu, prévenez les secours. Le traitement des hypothermies avancées devra être réalisé dans un centre médical sous perfusion.

L'hypothermie n'est pas un mal spécifique aux conditions de montagne, elle peut survenir n'importe où, même dans nos contrées de villégiature. Il suffit par exemple d'avoir trop bu de l'alcool, de s'endormir dans la rue. Pour éviter l'hypothermie, ne partez jamais sans quelques vêtements chauds avec vous, la météo change vite en montagne, pensez que c'est par les extrémités que le corps se refroidit le plus vite, mains, pieds et tête... que l'alimentation jouera un rôle important dans l'apport d'éléments qui aideront le corps à se maintenir à température ( glucide et lipide notamment ). Il est tout à fait illusoir de croire que l'alcool peut réchauffer, il ne s'agit que d'une impression trompeuse qui favorisera par la suite l'état d'hypothermie. Si vous êtes victime, il est impératif de prévenir une personne de votre état. Efforcez vous de rester conscient, ne vous endormez surtout pas.

POLYTROMATISME :

Le polytrauma est dénommé lorsqu'il y a plusieurs blessures graves de nature diverse, généralement plusieurs fractures. Un polytrauma est généralement du à un accident violent. En montagne ou en randonnée, cet incident sera à 99% du à une chute. Dans tous les cas, il sera impératif d'évacuer par des moyens lourds en logistique ( hélicoptère ou expédition de sauvetage ... ). Si vous êtes confronté à un polytrauma, ne pas manipuler la personne, ne pas la déplacer, la maintenir consciente ou en cas d'inconscience, veillez aux fonctions vitales... respiration et système sanguin ( les tuyaux et la pompe !!! ), couvrir la personne à l'aide de vêtements chauds ou d'une couverture ( sac de couchage )... n'abandonnez pas la personne en attendant les secours.

Techniques de base du secours en montagne.

Ces techniques simples et faciles à mettre en oeuvre ont pour but de prévenir et localiser l'endroit où les secours doivent intervenir, utilisées en parallèle, elles devraient augmenter vos chances d'être secouru dans les plus brefs délais.

Gestes de secours si une personne vous voit:

2 et simple à retenir. Un bras vers le ciel et un vers le sol forment avec le corps la lettre N pour " No " " on a pas besoin d'aide " . Les 2 bras vers le ciel forment avec le corps le Y de " Yes " " oui on a besoin d'aide "....

Trace au sol, balisage :

Si un hélicoptère doit intervenir ou que des recherches aériennes ont lieu, balisez la zone ( 80 m X 80 m). Réalisez une croix ou un grand cercle blanc à l'aide de tissu ou de papier W.C. , vous pouvez éventuellement tracer à l'aide de cailloux la lettre " H " sur le sol. Un drapeau ou fanion permettra d'indiquer au pilote le sens du vent ! Dans la neige, si vous disposez de skis, plantez les en croix devant la victime . Le balisage au sol dans ce cas devra si possible être de couleur contrastée comme le rouge... En montagne ne gesticulez pas des bras pour dire bonjour aux hélicoptères qui passent, ces derniers penseront que vous avez besoin de secours, enseignez le à vos enfants également.

Fusées de détresses et emploi des signaux lumineux :

Il existe des fusées de détresse de secours, légères d'un emploi aisé. Elles seront utiles surtout la nuit à condition qu'un village ne soit pas trop loin et qu'une personne voit ce signal, beaucoup de conditions....Mais ce type de signal reste efficace. Après la percution de la cartouche, une fusée rouge et très lumineuse s'élève dans le ciel pendant 30 secondes... le coût pour 6 cartouches avec un lance fusée est de +- 50 Euros . Lampe de poche ou miroir peuvent également servir pour envoyer des signaux de détresse mais ils sont plus hasardeux et nécessitent la connaissance du morse !

Le G.S.M. radio, talkie et le G.P.S. :

Tout comme les fusées, ce principe des radiocommunication ne sera efficace que dans des contrées bien civilisées ! Le G.S.M. pourra par les ondes permettre aux sociètés des télécom de vous repérer, c'est un peu maigre, mais des personnes ont déjà pu être sauvées de cette manière... L'emploi du G.P.S. en complément du téléphone portable sera efficace dans ce cas pour communiquer vos coordonnées exactes au service de secours .

La radio et le talkie-walkie restent des moyens traditionnels de contact mais pas forcément de repérage. Ils seront plus utiles lors d'expéditions dans les montagnes de l'Himalaya.